Galileo Galilei

Galileo Galilei naît à Pise en 1564. Son père, théoricien de la musique, souhaite ardemment qu’il devienne médecin, profession bien rémunérée. Ainsi, à dix-sept ans, le jeune Galilée débute des études de médecine, qu’il
abandonne aussitôt : Ostillo Ricci, son professeur de dessin, parvient à le passionner pour les mathématiques, terme sous lequel on regroupait alors plusieurs de nos disciplines actuelles, notamment l’astronomie et la
physique.

Excessivement doué, ses biographes racontent qu’en 1583, donc à dix-neuf ans, Galilée aurait découvert l’isochronisme des pendules simplement en observant les oscillations du lustre d’une cathédrale. Il aurait en outre
compris tout l’intérêt de cette loi pour la mesure du temps.

Galilée, professeur de “mathématiques” à l’université de Padoue, n’hésite pas à mener ses étudiants sur les quais de  Venise pour observer les machines dont le principe fait partie de son cours : il pense que les lois physiques doivent être établies sur des expériences, ce qui permettra aux sciences de progresser. Pour vérifier des lois physiques, en 1609, il se fabrique une lunette, d’après de vagues descriptions dont il a entendu parler, en liant deux lentilles qu’il se construit : grâce à elle, il pourra observer le ciel et vérifier les théories de Copernic, qui contredisent la vieille astronomie de Ptolémée héritée de l’antiquité, avec la terre immobile au centre de l’univers. La remettre en cause serait également remettre en cause la Bible où là aussi la terre est immobile au centre de l’univers avec le soleil qui tourne autour d’elle, etc.

Pointant en pleine nuit sa lunette vers le ciel, Galilée découvre un univers que personne avant lui n’avait vu. En mars 1610, il publie alors un petit livre pour que les hommes instruits de tous les pays puissent le lire : il lui
donne ce titre Sidereus Nuncius (le Messager des étoiles).

Dans son ouvrage, Galilée expose ses observations de la lune, qui n’est pas une sphère parfaite mais se révèle montagneuse et accidentée. Il y donne aussi une explication de la “lumière cendrée” qui n’est autre que le clair de terre reflété par la lune. 1610 est aussi une année faste pour Galilée. En effet, il devient “premier mathématicien du Studium de Pise et premier mathématicien et philosophe du Grand Duc de Toscane” en juillet et reçoit l’appui d’astronomes illustres comme Kepler ou encore Clavius, chef des astronomes du Pape. Il sera d’ailleurs invité à Rome l’année suivante et y rencontrera un franc succès. Dans le même temps, il poursuit ses recherches et fait de nouvelles découvertes qui se révèlent capitales. En pointant sa lunette sur Vénus, il observe des phases, comme celles de la lune, et des variations de sa taille apparente. Pour lui, cela ne fait aucun doute: la planète tourne autour du soleil et se déplace par rapport à la terre.

Mais ces succès attisent les rancœurs et les ennemis de Galilée passent à l’offensive dès 1612, tant sur le plan scientifique que religieux. Le vrai danger vient des théologiens, qui jugent le système copernicien contraire aux
Ecritures. Galilée s’attache alors à prouver la compatibilité des Ecritures avec le système héliocentrique. En 1616, il décide de se rendre à Rome afin de convaincre les ecclésiastiques du bien-fondé de ses théories. Il y rédige un opuscule sur les marées, preuve du mouvement de la terre. Mais il est trop tard et en février 1616, les propositions coperniciennes selon lesquelles le soleil est le centre immobile du monde et la terre se meut ont
jugées hérétiques. En mars de la même année, l’ouvrage dans lequel Copernic expose ses théories est mis à l’index et Galilée est prié de ne plus professer de telles hérésies. Il reste prudent pendant sept années et ne fait plus allusions aux théories coperniciennes.

En 1623, le cardinal Maffeo Barberini devient Pape et prend le nom d’Urbain VIII. Jeune, astronome et libéral, il représente l’espoir des milieux intellectuels et progressistes. Galilée, qui connaît bien le nouveau Pape, tente alors de réhabiliter Copernic. Il reçoit l’aval du Pape pour la rédaction d’un ouvrage contradictoire sur les différents systèmes du monde, à condition qu’il soit parfaitement objectif. Galilée, malade, met plusieurs années à le rédiger et c’est en 1631 que le livre reçoit l’imprimatur, sous réserve de quelques corrections. Son dialogue des Massimi sistemi (Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo, Dialogue sur les deux grands systèmes du monde) sort des presses florentines en 1632. Dans les rencontres de quatre journées, il y est disserté au sujet des deux principaux systèmes du monde, le ptoléméen et le copernicien, en proposant sans aucune détermination les raisons philosophiques et naturelles tant en faveur de l’une que de l’autre des parties.

Coup de théâtre : le pape Urbain VIII, furieux, ordonne la saisie de l’ouvrage. Mais il est trop tard et il a déjà été diffusé. Galilée est convoqué au Saint-Office en septembre de la même année. Il ne s’y rend qu’en hiver, menacé d’arrestation. Comment expliquer la réaction du pape, pourtant libéral et ami de Galilée ? Il semble qu’Urbain VIII n’ait pas apprécié le fait que Galilée, malgré le titre de son ouvrage, n’ait pas respecté leur accord et qu’il se soit livré à l’éloge des théories coperniciennes. Mais Galilée apparaît également comme une victime de la raison d’Etat. En effet, Urbain VIII se trouve à cette époque dans une situation difficile. Il est soupçonné de favoriser les idées novatrices au détriment des valeurs traditionnelles et sa politique pro-française, alors que la France soutient les protestants, lui attire les foudres de nombre de catholiques. C’est donc pour calmer ses adversaires qu’il leur « offre » le procès de Galilée.

Les audiences débutent en avril 1633. Galilée est accusé d’avoir enfreint l’interdiction de 1616 de défendre les théories de Copernic. Il est jugé coupable en juin, doit abjurer ses erreurs et est assigné à résidence dans la prison dorée de sa maison de la banlieue de Florence. Il y séjourne jusqu’à sa mort le 8 janvier 1642.

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