Marco Paolini

Acteur, auteur et metteur en scène parmi les plus renommés de la scène théâtrale italienne, Marco Paolini est surtout connu du grand public pour le fort engagement civil qui caractérise ses spectacles. Seul sur scène, il donne vie aux différents protagonistes de ses histoires, qui ont participé aux événements les plus épineux de l’histoire italienne et internationale.
En Italie Marco Paolini est considéré comme le père du  « théâtre de narration », suivant les traces de Dario Fo.

Né à Belluno en 1956, il a intégré très vite plusieurs compagnies de théâtre. Il a collaboré entre autres à l’expérience du Teatro Settimo à Turin ; c’est ainsi qu’il commence à raconter des histoires et que naissent les Albums, les premiers épisodes d’une longue biographie collective qui traverse l’histoire italienne des années 60 à nos jours.

Il se fait remarquer par le public grâce à son récit Il racconto del Vajont. Créé en 1993, il sera joué des centaines de fois en Italie et sera diffusé en direct à la télévision publique en 1997. Paolini y raconte la catastrophe du Vajont : le 9 octobre 1963, dans les Dolomites, 260 millions de mètres-cubes de terres et de roches du Mont Toc s’effondrent dans le lac du barrage du Vajont ; la vague d’eau produite par la chute inonde et détruit plusieurs villages, causant la mort de milliers de personnes. Dans cette « oraison civique »,  Paolini ouvre une page complexe de l’histoire italienne en dévoilant les contradictions politiques et scientifiques qui ont conduit au désastre.
Après le succès de Il racconto del Vajont, Paolini s’affirme comme un acteur et un interprète de récits au fort impact civil : il raconte la tragédie de l’avion DC9 qui disparait mystérieusement dans le ciel d’Ustica le 19 juin 1980 (I-TIGI Racconto per Ustica, 2000) ; il trace une histoire du capitalisme italien, de sa naissance à sa crise, en parcourant les événements du pôle pétrochimique de Porto Marghera, près de Venise (Parlamento chimico, 2002) ; enfin, il remémore les faits douloureux de la retraite d’un groupe de soldats italiens sur le front russe pendant la Deuxième Guerre mondiale, d’après le célèbre roman de l’écrivain Mario Rigoni Stern (Il Sergente, 2007).
Dans ses « oraisons civiles », Paolini aborde aussi des histoires complexes qui franchissent les frontières italiennes : il s’occupe de la catastrophe de Bhopal, en Inde, survenue dans la nuit du 3 décembre 1984 à cause de l’explosion d’une usine produisant des pesticides (Bhopal 2 dicembre 1984) ; il développe une réflexion autour du pouvoir économique dans notre société (Miserabili. Io e Margaret Thatcher, 2006) ; ou encore il traite de l’extermination des handicapés et des personnes atteintes de troubles mentaux dans l’Allemagne nazie entre 1939 et 1941, événement connu comme Aktion T4 (Ausmerzen, 2011).

A côté de ces histoires, Marco Paolini se consacre aux grandes figures de la culture italienne et mondiale. C’est le cas de Jack London que Paolini redécouvre à travers une ballade musicale et verbale où il réinterprète des récits de l’écrivain américain (Ballata di uomini e cani, 2012). Et il se dédie surtout à l’histoire de Galilée, le père de la science moderne, un divulgateur mais surtout un grand penseur, qui resta ouvert au doute jusqu’à la fin de ses jours ; dans ITIS Galileo (2010), Paolini raconte l’œuvre de Galilée et son importance dans la création et le développement de la pensée scientifique. Après son succès au théâtre et à la télévision en Italie, le spectacle arrive en Suisse au Théâtre Vidy-Lausanne dans une nouvelle version en français, Galilée, le mécano (2014), mise en scène par Charles Tordjman.

Passionné de cartes géographiques, de voyages et de langues, Paolini aborde ses récits en prêtant une attention particulière au paysage, à sa transformation et à l’histoire, comme par exemple dans le fameux travail consacré à Venise, Il Milione (1997), ou dans le projet Fén (2013), une installation en bois, fer, foin et mots présentée à la 55. Biennale d’art de Venise et accompagnée de texte autour de la relation entre l’homme, le paysage et le travail.

Artisan et dépositaire du métier de conteur, Paolini joue ses spectacles dans les grands théâtres italiens mais aussi dans des petites salles et des lieux non-théâtraux : en sillonnant l’Italie de long en large, il a raconté ses histoires dans les écoles, les universités, les places, les hôpitaux, les prisons, les centres culturels, les refuges de montagne…, en jouant devant des publics très nombreux et variés.
Il a également su présenter son art au grand public de la télévision grâce à des retransmissions en direct, depuis le Racconto del Vajont (Rai2, 1997) jusqu’aux récents Ausmerzen. Vite indegne di essere vissute (La7, 2011) et ITIS Galileo (La7, 2012).

Au cinéma, Paolini a travaillé avec les réalisateurs les plus importants du panorama italien, parmi lesquels Nanni Moretti (Caro diario, 1993), Carlo Mazzacurati (Il toro 1995; La lingua del santo, 2000), Daniele Lucchetti (I piccoli maestri, 1998), Marco Tullio Giordana (Sangue pazzo, 2008), Davide Ferrario (Piazza Garibaldi, 2011) et Andrea Segre (La petite Venise, 2011).

En 1999, il a fondé Jolefilm, la société qui produit tous ses spectacles et avec laquelle il développe sa passion pour le cinéma et le documentaire.

Ses œuvres sont publiées en Italie par Giulio Einaudi Editore sous forme de coffrets livre-dvd. Et les plus importants quotidiens italiens (La Repubblica – L’Espresso, Corriere della Sera) lui ont consacré des recueils de dvd présentant tous ses travaux.

 

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